AFTER THE WEDDING

AFTER THE WEDDING
Vu à sa sortie au cinéma (en VO) et récemment en DVD (en VF)

Titre original : Efter brylluppet

FESTIVAL DE TORONTO 2006, FESTIVAL DE ROME 2006, OSCARS 2007 Nomination pour le Meilleur Film Étranger

Réalisé par Susanne BiER


Avec Mads Mikkelsen, Fischer Christensen, Sidse Babett Knudsen, Rolf Lassgard..

Scénario de Anders Thomas Jensen et Susanne Bier.

Sortie au cinéma le 07 Mars 2007


SUÈDE-DANEMARK - 2006 - 1H30 - VOST + VF






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T
ous les films de Susanne Bier, d'une façon ou d'une autre, parlent de la famille. Mais ce thème de la famille est à chaque fois utilisé de façon différente. On remarque un parallèle entre ses deux derniers films danois, voire dans son tout dernier film « américain », qui est aussi le premier qu'elle tourne en anglais. À chaque fois, une famille lutte contre un problème mondial : La guerre en Afghabistan dans le poignant BROTHERS (dont la projection dans une salle du coin en 2006 me permit de découvrir la réalisatrice danoise) ; la pauvreté en Inde dans AFTER THE WEDDING ; la drogue dans l'émouvant NOS SOUVENIRS BRULÉS (dont la sortie DVD est prévue le 23 Septembre 2008).

Jacob Petersen a voué sa vie à la construction d'un orphelinat en Inde. Mais l'établissement est menacé de fermeture. Un donateur, Jorgen, lui demande alors de rentrer au Danemark pour effectuer la transaction financière. Arrivé sur place, Jorgen l'invite au mariage de sa fille qui a lieu le lendemain. Lors de la cérémonie, Jacob comprend que sa présence n'est pas sans raison...

AFTER THE WEDDING est un film disons dramatique et émouvant, plus que mélodramatique. Ce qui caractérise aussi les films de la réalisatrice, c'est son habileté à rendre les émotions compréhensibles par le spectateur, souvent par l'intermédiaire de l'humour. Le spectateur fait tout de suite connaissance avec les personnages. Ensuite sa mise en scène colle au plus près ses acteurs, qu'elle filme en gros plans (de très gros plans sur les yeux, les mains, la peau, les lèvres, découpés très abruptement par un montage sec et rapide), tout en les laissant libres de tous mouvements. On dirait presque que les comédiens improvisent les scènes sous nos yeux, ce qui apporte beaucoup de crédibilité aux personnages autant qu'au film. Le casting lui est juste fabuleux. L'interprétation de Mads Mikkelsen, que vous avez certainement vu dans la peau du Chiffre dans le dernier James Bond, Casino Royale, est autant subtile que poignante. Il est si mélancolique dans la peau de ce personnage idéaliste « Jacob » portant un fardeau et emporté malgré lui dans une histoire familiale complexe (comme elles le sont toutes)...

AFTER THE WEDDING, avec son scénario riche en rebondissements, sa réalisation frôlant la perfection et ses acteurs débordants de talent, est donc un très beau film, très émouvant - ayez toujours une boite de kleenex à portée de main - qui plus est, il fait voyager le spectateur de l'Inde jusqu'au Danemark, avec des images sublimissimes. N'ayons pas peur de l'avouer : AFTER THE WEDDING est un pur chef-d'œuvre, et aussi le plus beau film (avec LA VIE DES AUTRES) sorti sur nos écrans en 2007.

# Posté le mercredi 06 août 2008 13:05

Modifié le mercredi 06 août 2008 14:12

TRIANGLE

TRIANGLE
Titre original : Tie saam gok

Présenté à Cannes en 2007

Réalisé par Tsui HARK, Ringo LAM et Johnnie TO

Avec Louis Koo (Ah Fai), Simon Yam (Bo Sam), Honglei Sun (Mok Chung Yuen), Kelly Lin (Ling), Suet Lam (le mécanicien) et Yau Yung (le policier à vélo)...

Scénario de Yau Nai Hoi, Kenny Kan, Sharon Fung, Kin Yee Au et Tin-Shing Yip.

Sortie au cinéma (France) le 16 Janvier 2008

Sortie en DVD (collector) le 23 Juillet 2008


HONG KONG - 2007 - 1H35 - VOSTF (Cantonnais) + VF






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F
ilm évènement, TRIANGLE affiche un concept fou, un trio de réalisateurs exceptionnels et une histoire certes pas toujours innovante (enfin, jusqu'au jubilatoire troisième « segment » du réalisateur de BREAKING NEWS), mais assurément prenante de bout en bout. Du plaisir pur jus... puissance trois.


La vie n'est pas facile pour Sam, Fai et Mok, trois amis qui se démènent pour joindre les deux bouts, jusqu'à ce soir d'orage où un mystérieux vieillard vient les trouver dans un bar en leur proposant de devenir riche rapidement.
Un antique trésor serait enterré sous un bâtiment du gouvernement, placé sous haute surveillance.
Croient-ils en son histoire ?
Ils décident de tenter tout de même l'aventure et de forcer leur destin. Mais ce qu'ils découvrent dépasse leurs rêves les plus fous : un ancien cercueil contenant une robe de cérémonie parée d'or. Selon Mok, qui est antiquaire, ils ont une fortune entre les mains. Cette perspective met leur amitié à rude épreuve, les trois amis étant pris d'une avidité incontrôlable.
Tout se complique lorsque Ling la femme de Sam décide de voler la robe pour s'enfuir avec son amant et que des gangsters, venus du continent, sont bien décidés, aux aussi, à mettre la main sur le trésor.
Une rocambolesque course-poursuite s'engage !
Entre leur survie, avidité et amitié, Sam, Fai et Mok devront faire leur choix...


Attention film concept ! Tout le monde le sait depuis sa présentation à Cannes l'année dernière, TRIANGLE est un polar réalisé à six mains par trois des plus grands cinéastes hongkongais, Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To, pour un résultat d'une vitalité et d'une cohérence étonnantes. Sans jamais renier leurs styles respectifs, les trois réalisateurs donnent chair à cette histoire qui commence avec les retrouvailles de vieux amis, qui se poursuit avec la quête d'un mystérieux objet et se termine en partie de cache-cache campagnarde et meurtrière.

Tsui HARK, qui a choisi d'ouvrir le bal (son rôle étant de présenter les personnages et les enjeux) a avoué avoir offert un cadeau empoisonné à ses potes. En effet, sa « partie » chaotique et touffue, marque le début d'une histoire complexe, où l'on a plaisir à retrouver le style du réalisateur de SEVEN SWORDS. Ringo LAM, lui (qui doit suivre l'exposition des protagonistes et la révélation des enjeux), sans toutefois négliger l'action, s'est attaché à retranscrire les sentiments complexes de personnages en constante évolution et achève sa partie sur une superbe séquence de tango - lui qui signe habituellement des films plutôt « frénétiques » (avis aux amateurs de FULL CONTACT !), son segment est le plus contemplatif (il livre un récit minimaliste sur un couple en perdition et des amis qui ne se font plus confiance) pourtant il y a une cohérence entre TRIANGLE et ses précédentes œuvres : on y retrouve le thème de la survie dans une situation extrême -, passant le relai à Johnnie TO, chargé de conclure l'ensemble. Le réalisateur de PTU concocte une troisième partie ludique voire jouissive, où son acteur fétiche Lam Suet trouve une fois de plus un rôle étonnant. Notons toutefois que la réussite de TRIANGLE, pour beaucoup, doit aussi aux acteurs - tous ! - toujours justes - la scène de la valse (ou de tango?, je ne suis pas fin connaisseur) entre Simon Yam et Kelly Lin étant un parfait exemple de leur apport créatif. Bref, le segment de Johnnie To est très expressionniste. Il n'utilise quasiment pas de dialogue et la narration repose surtout sur le cadre et le langage corporel des acteurs - souvenez-vous de THE MISSION...

Ce qui est frappant aussi (encore plus au deuxième visionnage), c'est l'homogénéité du film, sa cohérence thématique et formelle - TRIANGLE passe de scènes d'action à de puissantes scènes dramatiques -, alors que que les trois réalisateurs l'ont tous tiré dans une direction différente. On peut ainsi distinguer l'empreinte de chaque cinéaste : Tsui Hark étant attiré par le mystère, Ringo Lam par les relations humaines et enfin Johnnie To par le sens de l'honneur des personnages.

Cette réflexion sur le polar d'aujourd'hui est aussi une façon pour les trois cinéastes de revenir sur leurs propres thématiques et de livrer, chacun à leur manière, de superbes variations sur la mise en scène. Une œuvre atypique et déjà totalement culte, qui saura redonner le goût (la passion) du cinéma au spectateur le plus blasé.


PS :
À noter que Soi Cheang, le brillant réalisateur de DOG BITE DOG et LOVE BATTLEFIELD est crédité au générique en tant qu'assistant particulier. Tsui Hark : "Soi m'a rendu service en me servant d'assistant. Si je suis arrivé au bout de mon segment, c'est grâce à lui"

# Posté le jeudi 31 juillet 2008 23:55

Modifié le vendredi 01 août 2008 15:35

HULK 2 - L'incroyable Hulk

HULK 2 - L'incroyable  Hulk
The Incredible Hulk 2

De Louis Leterrier

Sortie en salles le 23 Juillet 2008





Après Doomsday, Wanted, Hanckock, Rec... voici l'autre blague de L'été(rier) : non pas le pire du cinéma - le résultat est juste consternant, affligeant voire même assommant...





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Non pas le chef-d'oeuvre de l'été !
F
ranchement... quelle énorme claque ce film, je ne m'en suis toujours pas remis. Faisons simple, L'INCROYABLE HULK est la grosse claque cet été ! Moua ah ah disons plutôt que ça aurait pu l'être.... parce qu'en sortant de la séance on se demande presque si le nouveau Hulk n'est pas une mauvaise blague. L' opus d' Ang Lee, qui nous offrait néanmoins quelques scènes bien virtuoses (lire ci-dessous), passerait presque pour un chef-d'oeuvre !

Au moins ce dernier possédait, lui, une histoire assez plaisante, des effets spéciaux réussis - le graphisme du "monstre vert" tenant compte de la physionomie d' Éric Bana... alors que celui de Letterier lol quel foutage de gueule, mais je vous en reparle plus loin, des scènes d'action bandantes (avec un montage magistral et un découpage d'écran hyper intelligent, sans oublier l'utilisation de vignettes qui offraient simultanément le champs et le contre-champs de l'action en cours - souvenez-vous les plans s'enchaînaient avec une fluidité déconcertante, permettant d'avancer dans l'histoire exactement comme si on feuilletait une BD), des acteurs qui faisaient leur job.... Bref : un Hulk qui s'inscrivait dans une logique artistique ultra-rationnelle, poussant le vice jusqu'à un montage digne d'un comics, ce qui toutes proportions gardées faisait de lui un modèle du genre.
Qu'en est-il du film du petit frenchy ?
Pis qu'est-il venu faire dans un tel film l' Norton ?
Ici la plupart des acteurs SUR-jouent (la Palme revenant à Tim Roth au mieux marrant, au pire ridicule... que de grimaces, faut le voir), puis quel manque de charisme concernant le nouvel acteur qui reprend le rôle du Colonel ! On regretter énormément celui de HULK qui lui était parfait). Et Liv Tyler... genre "Sois belle et tais-toi", les effets spéciaux sont assez hideux voire rigolos (cf. la première apparition du visage de HULK grimaçant : il ressemble à SHREK sérieux, assurément plus qu'à Edward NORTON lol nous étions tous MORT DE RIRE dans la salle), l'histoire, pas trop mal, est somme toute assez banale... Puis le personnage de Hulk manque de puissance, de force (PITOYABLE, où est donc passé notre bon vieux Hulk hyper-puissant ???).
Cela dit tout n'est pas à jeter dans HULK 2, une excellente surprise vous y attends - dommage qu'il faille attendre e générique de fin : Iron Man entrant en scène. Est-ce une raison suffisante pour se déplacer voir ça en salles ? NON, assurément pas. Pis ce Deuxième opus(qui de toute évidence ne parvient pas à nous faire oublier le précédent) est assez fidèle à la série télé (avec Lou Ferrigno, qui fait ici une brève apparition en agent de la sécurité bouffeur de pizza et aussi Stan Lee en buveur de sang de Bruce Banner). J'ajoute à décharge que j'ai vu le film en de mauvaise condition, disons un peu fatigué, mais je n'ai pas dormi (j'ai bien vu chaque image du "film", HÉLAS...). Je n'emploierais pas de qualificatif douteux (et ce même si c'est très largement mérité) pour désigner ce nouveau Hulk - tout du moins pas pour le moment il mérite peut-être une seconde chance (vision)... ça tombe bien puisque mon pote (projectionniste), qui lui a aimé le film, m'a dit de revenir voir et qu'il m'offrait la place... Pourquoi pas ? J'adore ressentir la douleur.
Amateur de cinéma, reste chez toi !

# Posté le jeudi 24 juillet 2008 07:55

Modifié le vendredi 25 juillet 2008 02:34

LES FILMS VUS PENDANT LA FÊTE DU CINEMA 2008

LES FILMS VUS PENDANT LA FÊTE DU CINEMA 2008




DIMANCHE 29 JUIN



Diary of the Dead
moyennement aimé, disons que j'espérais mieux... Déçu donc


Bons Baisers de Bruges
un plutôt bon moment entre humour et émotion


Au bout de la nuit
Déception... même si j'ai passé un moment plutôt agréable, et ce malgré les nombreux points négatifs : les personnages et les situations manquent parfois de crédibilité (surtout durant la première heure), les dialogues sont parfois un peu... cons "le bien, le mal etc...", Keenu Reeves continue avec ses mimiques à la Neo, etc... En fait c'est qu'à partir de la dernière demie heure que je suis vraiment entré dans le film. Très brièvement, Au Bout de la Nuit, et ses scènes d'actions réalistes et hyper percutantes, est largement meilleur que Bad Times et aussi très très en deçà un Training Day, pourtant du même acabit.


La personne aux deux personnes
plutôt sympathique, on se marre bien



En bref, rien de transcendant





LUNDI 30 JUIN



Phénomènes
À ce jour, Shyamalan a réalisé en tout et pour tout un seul bon film : Sixième sens, un chef-d'œuvre même. Après tous ses films ont été de plus en plus minables (Incassable, Signe etc jusqu'à la pitoyable Jeune fille de l'eau...), c'est dire si je n'attendais absolument rien de ce dernier qui, pour le coup, fut pour moi une assez agréable surprise : mettre en scène des suicides façon SUICIDE CLUB ou plutôt RE-CYCLE des frères Pang, que Shyamalan a très certainement vu avant, était une excellente idée. C'est d'autant plus dommage que le film s'essouffle vite, surtout durant la seconde partie. Un peu comme si le cinéaste avait fait le tour de son sujet, n'avait plus rien à dire... Bref ça reste décevant, malgré tout j'ai passé un moment pas si désagréable.


Le Monde de Narnia : chapitre 2 - Prince Caspian
Bon film : encore mieux que le 1, plus sombre et plus adulte ! Critique complète disponible ci-bas dans le prochain article


Speed racer
finalement on s'y habitue (au visuel que j'avais trouvé si moche dans la b-a)... Pas mal donc, une bonne petite surprise


Las Vegas 21
un film honnête, on ne s'ennuie pas



Une deuxième journée placée sous le signe du divertissement parfois assez jubilatoire



MARDI 1er JUILLET



Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
Dans la droite lignée des précédents opus : un bon moment de cinéma !



La FdC s'est achevée pour moi avec peut-être le meilleur film vu durant ces trois jours, tout va bien donc

# Posté le mardi 01 juillet 2008 05:24

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 09:01

SPIDER

SPIDER
Titre original : SPider

Réalisé par David CRONENBERG

Avec Ralph Fiennes, Miranda Richardson, Gabriel Byrne, Bradley Hall...

Scénario de David Cronenberg et Patrick McGrath, d'après l'œuvre de Patrick McGrath

Produit par Samuel Hadida, Catherine Bailey et David Cronenberg.

Sortie au cinéma le 13 Novembre 2002

Interdit aux moins de 12 ans !



CANADA/GB - 2002 - 1H38 - VOST + VF







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En attendant la sortie du DVD LES PROMESSES DE L'OMBRE (en collector le 1er Juillet 2008), je me suis replongé avec un plaisir non dissimulé dans un autre grand film de Cronenberg : SPIDER, dont voici la critique.

Il est des réalisateurs plus difficiles à saisir que d'autres. Le canadien David Cronenberg est de ceux là. Qu'il déroute, qu'il sème le trouble en vous, qu'à cela ne tienne, il gagne à être connu. Si ses œuvres sont parfois dures, ambigües, moins divertissantes que la grande majorité de la soupe qu'on nous propose habituellement (Rec et Doomsday en tête), Cronenberg joue avec le cinéma de genre avec une facilité déconcertante, tout en y incorporant une pointe de philosophie. Un auteur toujours en avance sur son époque et capable de prédire tous les maux de nos sociétés modernes, avant leur apparition même. Ses prédictions sont même parfois troublantes, comme avec (dans VIDEODROME) l'invasion de nos foyers par la télévision et sa culture de la médiocrité comme vertu. Au lieu de voir les fantasmes SM d'un chargé de programmes, nous avons droit au rêve de célébrité de petites gens sans aucun talent. Une réussite toute aussi virtuelle que les mondes décrits dans EXISTENZ. Encore un film précurseur sur les discussions qui partagent les penseurs aujourd'hui au sujet des jeux vidéo. Avec SPIDER, Cronenberg explore à nouveau, en laissant s'échapper de la tête d'un schizophrène, les fantasmes et les souvenirs. À nous spectateurs de faire le tri entre réel et imaginaire.


Spider est le sobriquet donné à un enfant par sa mère. Spider est aujourd'hui un homme, sans identité, libéré d'un asile d'où il sort après un certain temps. Revenant sur les lieux de son enfance, Spider tente, au sein d'une pension de réinsertion, de recomposer son passé à partir de ses souvenirs. En quête de son identité, l'homme parcourt les lieux et le temps...


Le film croise les différentes couches de notre passé, celles que nous emmagasinons jour après jour dans notre tête. Spider ne cesse de réécrire son passé, il erre au milieu de ses souvenirs où il se revoit enfant en compagnie de ses parents. Il reconstruit pour savoir et comprendre qui il est. Pour Cronenberg, le souvenir, notre histoire propre, c'est ce qui fait notre identité. Une idée fort judicieuse qui implique que nous sommes la somme de plusieurs passés. Chacun a connu des évènements, lieux, personnes et expériences précises et les a ressentis d'une certaine façon, unique, ce qui fait de nous des individus tous différents. L'identité est cette différence qui caractérise chaque être. Spider cherche à retrouver les évènements qui l'ont fait devenir ce qu'il est. C'est pour ça qu'il parcourt son passé, ses souvenirs, mais qu'il invente aussi ce qu'il n'a pas vécu et qu'il fausse ainsi l'issue. En effet, le film ne se laisse pas regarder comme n'importe quel produit de grande consommation, mais il offre un grand plaisir à celui ou celle qui persiste et va jusqu'au bout de l'aventure.

Spider c'est Ralph Fiennes, Cronenberg avoue que son casting tient du miracle, ou du moins de l'alchimie parfaite. Fiennes est impeccable, troublant de réalisme, il incarne un personnage difficile et complexe. Sans quasiment dire un mot, il donne toute sa dimension au personnage, par sa présence. Tout comme Gabriel Byrne qui avoue jouer son rôle le plus dur, entre le personnage réel et le fantasme du fils. Il est somptueux. Mais que dire alors de Miranda Richardson, qui interprète trois rôles dans le film ? Méconnaissable lorsqu'elle joue la délicieuse mère de Spider, Mrs Clegs, et qu'elle se transforme avec un rien en Yvonne, la prostituée immonde qui revient hanter les nuits de Spider adulte sous les traits de son infirmière. Une triple interprétation incroyable et surtout réussie.
Vous l'aurez compris, SPIDER est un film déconcertant qui pousse le cinéma dans un nouvel univers jamais encore visité et qui, comme souvent chez Cronenberg, se prolonge dans votre esprit, bien au-delà de son visionnage. Un voyage au-delà de la perception classique qui rend les autres films presque invisibles en comparaison.

PS : le film nous est proposé dans une édition collector double-dvd bardée de bonus, tous meilleurs les uns que les autres - merci la médiathèque d'Arles ! - un bel hommage, mérité et justifié.

# Posté le vendredi 27 juin 2008 00:11

Modifié le vendredi 27 juin 2008 03:30